Nommer (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
X e siècle. Issu du latin nominare, de même sens.
1. Donner, imposer à un être, à une chose, un nom, propre ou commun, qui le désigne individuellement. Ses parents l'ont nommé François. Ce fort fut nommé Fort-Louis, du nom du roi. On nomma cet arbre magnolia en l'honneur du botaniste Pierre Magnol . Pron. à sens passif. Se
2. Dire le nom d'une personne, d'une chose ; dire comment une personne, une chose s'appelle. Je puis
3. Désigner, choisir pour une fonction, un poste donné. Nommer quelqu'un à un emploi, à une charge. On ignore encore qui va être nommé à ce poste. Absolt. À quelle date a-t-il été nommé ? Suivi d'un attribut. Il a été nommé ambassadeur en Angleterre, nommé chevalier de la Légion d'honneur. Nommer quelqu'un son héritier, l'instituer son héritier. . Nommer d'office, désigner une personne (expert, avocat, etc.), pour remplir une mission, exécuter un acte. Le tribunal a nommé d'office maître Untel pour défendre l'accusé. (En ce sens, on dit aussi Commettre. ) Spécialt. Vieilli. Élire. Les magistrats de cette république étaient nommés tous les ans par le peuple. Au V e siècle avant Jésus-Christ, à Rome, on nomma un collège de décemvirs pour composer les lois.
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Donner, imposer un nom. "Nommer un enfant au baptême. Son parrain l'a nommé François, Jacques. Il fut le premier qui découvrit cette île, qui rapporta en France cette plante, et il la nomma de son nom. Ce fort fut nommé le Fort-Louis, du nom du roi."
Fam., "Être bien nommé, mal nommé," se dit d'une Personne dont le nom propre est un nom significatif qui lui convient ou qui ne lui convient pas.
NOMMÉ s'emploie aussi substantivement. "Un nommé Pierre. Le nommé Jacques. Les nommés tels et tels. À qui est cette maison? C'est à un nommé Dubois." Cette manière de parler emporte l'idée que celui qu'on désigne ainsi est un individu sans notoriété, dont on ne connaît que le nom.
NOMMER signifie aussi Donner une qualification, décerner une épithète. "Charles V a été nommé le Sage. Louis XII a été nommé le Père du peuple."
"Nommer quelqu'un son protecteur, son maître, son bienfaiteur," Le reconnaître comme son protecteur, son maître, son bienfaiteur.
NOMMER signifie aussi Dire le nom d'une personne, d'une chose; dire comment une personne, une chose s'appelle. "Si vous voulez, je vous
"Nommer ses complices," Les déclarer, les faire connaître.
NOMMER signifie encore Désigner, choisir pour une fonction, un poste donné. "Nommer quelqu'un à un emploi, à une charge, à une dignité. Il a été nommé à l'ambassade de Rome." On dit dans le même sens : "Il a été nommé ministre des Affaires étrangères, ambassadeur en Angleterre. Il a été nommé cardinal, évêque. On l'a nommé préfet, sous-préfet. On a nommé des experts, des arbitres."
"Évêque nommé," Évêque qui a été nommé par le Pape ou par le gouvernement, mais qui n'a pas encore reçu ses bulles.
"Nommer quelqu'un son héritier," L'instituer son héritier.
"Nommer d'office" se dit du Juge qui, d'après la loi, choisit et nomme des experts, des arbitres, des défenseurs, etc. "L'une des parties n'ayant pas nommé d'expert, le tribunal en a nommé un d'office. Cet avocat a été nommé d'office pour défendre l'accusé."
NOMMER se dit aussi pour Élire. "Les magistrats de cette république étaient nommés tous les ans par le peuple. À Rome, on nomma des décemvirs pour composer les lois, et des questeurs pour faire juger les crimes publics."
SE NOMMER signifie Déclarer son nom. "Vous êtes obligé de vous
Il signifie aussi, dans un sens passif, Être nommé, avoir pour nom. "Comment se nomme- t-il?" Quel est son nom? "Comment vous nommez- vous? Il se nomme Pierre, Jacques, Paul. Comment se nomme celle place, cette rue?"
À POINT NOMMÉ, Exactement au temps qu'il faut, tout à fait à propos. "Il arriva à point nommé pour nous rassurer. Vous venez à point nommé pour nous départager."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Distinguer par un nom une personne ou une chose. La chimie a nommé de noms systématiques toutes les substances composées. La famille des malpighiacées a été nommée d'après Malpighi, célèbre naturaliste italien.
VOLT.: « Puisse cette grandeur qui vous est destinée, Qu'on nomme si souvent du faux nom de bonheur, Ne point laisser de trouble au fond de votre coeur ! »
BUFF.: « Lorsqu'il s'agit de
2 Être parrain ou marraine.
SÉV.: « La jolie chose d'accoucher d'un garçon et de l'avoir fait
SÉV.: « Mme la princesse nommait une des filles de M. le Duc avec le prince »
DIDER.: « Et toi, tu aurais cent enfants que je n'en
3 Dire le nom d'une personne ou d'une chose.
CORN.: « Le reste ne vaut pas l'honneur d'être nommé »
CORN.: « Nommez-moi par mon nom, puisque vous le savez »
SÉV.: « Elle [Mme de Chaulnes] vous fait mille amitiés, et vous nomme à tous moments »
BOSSUET: « Je veux
RAC.: « De votre nom, Joas, je puis donc vous
RAC.: « Oenone : Hippolyte ? grands dieux ! - Phèdre : C'est toi qui l'as nommé »
FONT.: « Sénèque : Comment vous
Prononcer le nom de, dire comment une personne, une chose s'appelle.
CORN.: « Vous l'accusiez pourtant quand votre âme alarmée Craignait qu'en expirant ce fils vous eût nommée »
SÉV.: « Le mot de peste, que vous nommez dans votre lettre, me fait frémir ; je la craindrais fort en Provence »
BOSSUET: « Une personne si sensible, si délicate, qui ne pouvait seulement entendre
RAC.: « On vous nomme, et ce nom la rappelle à la vie »
RAC.: « Le ciel dans tous leurs pleurs ne m'entend point
GILBERT: « Un nuage enfermait le souverain du monde, Il s'ouvre et laisse voir son front éblouissant ; Un archange est nommé.... l'archange obéissant.... Se prosterne attentif aux ordres du Seigneur »
MIRABEAU: « Et comment s'y prend-on, sire, pour vous faire douter de l'attachement et de l'amour de vos sujets ? le peuple vous impute-t-il ses malheurs ? vous nomme-t-il dans ses calamités ? »
Nommer ses complices, les déclarer, les faire connaître.
P. CORN.: « Ah ! si vous ne voulez voir finir nos destins, Nommez d'autres vengeurs ou d'autres assassins »
Nommer un nom, le prononcer, le faire entendre, parler de la personne.
SÉV.: « Elle [Mme Scarron] n'a, m'a-t-elle dit, jamais ouï
SÉV.: « Je vous ai déjà dit que votre nom n'a jamais été nommé sur le sujet de M. de Coetlogon »
4 Désigner les gens par leur nom, faire des personnalités.
GILBERT: « Vous nommez les auteurs, et c'est là votre crime »
Absolument.
BOILEAU: « Il a tort, dira l'un ; pourquoi faut-il qu'il nomme ? Attaquer Chapelain ! ah ! c'est un si bon homme ! »
5 Qualifier. Louis XII a été nommé le Père du peuple.
SÉV.: « Ah ! que c'est un grand bien [la santé] ! et que vous le nommez précisément par son nom quand vous dites que c'est celui sans lequel tous les autres sont insensibles ! »
BOSSUET: « Saintes filles, ses chères amies, car elle voulait bien vous
BOSSUET: « Souvent il s'entretient avec la mort.... et, aussi vivant par l'esprit qu'il était mourant par le corps, il semble lui demander d'où vient qu'on la nomme cruelle »
FLÉCH.: « Il [Zozime] nomme ses libéralités profusions, sa modération fainéantise, ses festins d'amitié des dissolutions »
RAC.: « Ô mon fils, de ce nom j'ose encor vous
LA BRUY.: « Nommer un roi père du peuple, est moins faire son éloge, que l'appeler par son nom, ou faire sa définition »
MONTESQ.: « Ils nommaient nécessité l'injustice et la perfidie »
Nommer quelqu'un son protecteur, son libérateur, son bienfaiteur, l'appeler ainsi.
MOL.: « Vous que je dois
Absolument.
LA BRUY.: « Il n'y a nuls vices extérieurs et nuls défauts de corps, qui ne soient aperçus par les enfants : ils les saisissent d'une première vue, et ils savent les exprimer par des mots convenables : on ne nomme point plus heureusement »
6 Désigner.
DELILLE: « La mort entre nous deux
Terme de jeux. Nommer la couleur, dire en quelle couleur on joue.
7 Nommer quelqu'un à un emploi, à une charge, le choisir, le désigner pour cet emploi, pour cette charge. Il fut nommé maire de sa commune. L'empereur l'a nommé ministre des affaires étrangères.
SÉV.: « Il a été nommé à l'évêché de Lodève »
SÉV.: « Voyez comme il est bon de se tourmenter un peu pour avoir des places : il est certain que celles qui avaient été nommées pour dames d'honneur de cette princesse avaient fait leurs diligences »
SÉV.: « Un jeune abbé de la Broue, qui n'a prêché qu'une seule fois devant le roi, est nommé pour l'évêché de Mirepoix »
BOSSUET: « Il [Dieu] l'appelle son serviteur, quoiqu'infidèle, à cause qu'il l'a nommé pour exécuter ses décrets »
RAC.: « Le peuple au champ de Mars nomme ses magistrats ; César nomme les chefs sur la foi des soldats »
RAC.: « Je vous nommai son gendre et vous donnai sa fille »
FEVRET: « Le roi de France nomme à tous les bénéfices consistoriaux de son royaume, c'est-à-dire aux bénéfices qui sont de fondation royale et qui étaient électifs avant le concordat »
Nommer quelqu'un son héritier, l'instituer son héritier.
Nommer d'office, se dit du juge qui, d'après la loi, choisit et nomme des experts, des arbitres, des défenseurs, etc.
8 Se
Avoir pour nom.
MOL.: « Et quand je vous demande après quel est cet homme, à peine pouvez-vous dire comme il se nomme »
SÉV.: « Je me nomme Pécaudière, ma maison n'est qu'à deux lieues de Landernau »
Il se dit aussi des choses.
BOILEAU: « Par toi l'humilité devint une bassesse ; La candeur se nomma grossièreté, rudesse »
HISTORIQUE
XIIème siècle
Ronc. p. 3: Nomer un terme [fixer un terme]
Sax. XXXII: Si faisons assembler nostre chevalerie, Si qu'au jour nomé soit aprestée et garnie
ib. XIII: Quatorze rois i ot à heure de souper, Evesques et abbés que je ne sai
XIIIème siècle
Berte, 1: À un moine courtois qu'on nommoit Savari
JOINV.: « Et nous li nommiens, et il les faisoit envoier querre »
XIVème siècle
Guesclin. 17434: Car, voir [vraiment], je sui au roi et toute ma maisnie ; Et Bertran du Guesclin me nomme on sans celise
XVème siècle
FROISS.: « et dit au clerc : escry moy ce que je te
COMM.: « Le roy nomma [adressa] une lettre audit connestable et luy mandoit ce que.... »
COMM.: « Cent mille francs [empruntés] cousterent en quatre mois quatorze mille francs d'interests ; mais chascuns disoient que des nommez [certaines gens] avoient part à cest argent et au profit »
XVIème siècle
MONT.: « La fortune guette à point nommé le dernier jour de nostre vie »
MONT.: « Avoir peur de
AMYOT: « Il mourut en un certain lieu qui se nomme la forest fossoyée »
AMYOT: « Si fut Cimon es premiers ans de sa jeunesse fort mal nommé, et eut un très mauvais bruit par la ville »
AMYOT: « Il y eut un nommé Sochares natif du bourg de Decelie, qui... »
AMYOT: « Ilz commencerent à descocher de loing tous ensemble de tous costez, sans viser à point nommé »
Coust. génér. t. I, 720: Ia vefve se peut
ÉTYMOLOGIE
Berry, noumer ; wallon, loumer ; Hainaut, lomer ; provenç. nomnar ; anc. catal. nomenar ; espagn. nombrar ; portug. nomear ; ital. nominare ; du lat. nominare, dénominatif de nomen, nom.
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Donner, imposer un nom. "Nommer un enfant au baptême. Son parrain l'a nommé François, Jacques. Il fut le premier qui découvrit cette île, qui rapporta en France cette plante, et il la nomma de son nom. Ce fort fut nommé le Fort-Louis, du nom du roi."
Il se dit aussi en parlant De certaines épithètes, de certaines qualifications qu'on joint quelquefois aux noms propres, soit des personnes, soit des villes. Charles V a été nomme le Sage. Louis XII a été nommé le Père du peuple. François Ier a été nommé le Père des lettres. Gênes a été nommée la Superbe, à cause de la beauté de ses édifices.
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie aussi, Dire le nom d'une personne, d'une chose; dire comment une personne, une chose s'appelle. "Si vous voulez, je vous
"Nommer ses complices," Les déclarer, les faire connaître.
"Nommer quelqu'un son protecteur, son libérateur, son bienfaiteur," L'appeler son protecteur, son libérateur, son bienfaiteur.
"Nommer quelqu'un à un emploi, à une charge, à une dignité," Choisir, constituer quelqu'un pour posséder un emploi, une charge; l'élever à une dignité. "Le roi l'a nommé à l'ambassade de Rome. Le roi l'a nommé à cette place, sur la présentation du ministre de l'intérieur." On dit dans le même sens: "Le roi l'a nommé ministre des affaires étrangères, ambassadeur en Angleterre. Il fut nommé maire de sa commune. Il a été nommé pape, cardinal, évêque. On l'a nommé préfet, sous-préfet. On a nommé des députés, des experts, des arbitres. On vient de
"Nommer quelqu'un son héritier," L'instituer son héritier.
"Nommer d'office," se dit Du juge qui, d'après la loi, choisit et nomme des experts, des arbitres, des défenseurs, etc. "L'une des parties n'ayant pas nommé d'expert, le tribunal en a nommé pour elle un d'office. Cet avocat a été nommé d'office pour défendre l'accusé."
3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
s'emploie quelquefois avec le pronom personnel, et signifie alors, Déclarer son nom. "Vous êtes obligé de vous
Il s'emploie aussi avec le pronom personnel dans une signification passive. "Comment se nomme-t-il?" Comment est-il nommé? quel est son nom? "Comment vous nommez-vous? Il se nomme Pierre, Jacques, Paul. Comment se nomme cette place, cette rue?"
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
ou NOMER, v. act. 1°. Doner, imposer un nom. = L'Ab. "Girard" trouve entre "apeler" et "nomer" cette diférence, qu'on "nome" pour distinguer dans le discours, et qu'on "apelle" pour faire venir dans le besoin. 'Le Seigneur "apela" tous "les" animaux, et "les noma" devant Adam pour l'instruire de leurs noms: 'Il ne faut pas toujours "nomer" les chôses par leur nom, ni "apeler" toute sorte de gens à son secours. "Synon."
- Cette distinction est três-juste, et il est bon de l'observer. Cependant avec le pronom personel, on dit plutôt "s' apeler" que "se nomer", quoiqu'on puisse dire aussi celui-ci. 'Comment "s'apelle-"t-il? Quel est son nom? Comment "vous apelez-vous"? Je "m'apelle" comme je "m'apelle.." 'Des deux célèbres "Rousseaux", le Poète "s'apelait" ou "se nomait Jean- Baptiste", et le Philosophe "Jean-Jaques". = "Nomer" et "apeler" régissent les noms sans article. "Rousseau" dit dans son "Ode à la Fortune":
Le peuple, dans ton moindre ouvrage,
Admirant la prospérité,
"Te nomme grandeur" de courage,
"Valeur", "prudence", "fermeté".
Le Poète aurait pu dire aussi "t'apelle"; mais "te nomme" était plus propre, plus coulant et plus poétique.
- Louis "a été nomé le Père du Peuple". Là l' article est nécessaire, parce qu'il fait partie du nom.
2°. "Nomer", choisir quelqu'un pour une charge, un emploi. Il a pour second régime le datif. '"Nomer à" un bénéfice "un" indigne.
"À~ point nommé", adv. Au tems qu' il faut. 'Vous venez "à point nomé". = "À~ jour nomé", au jour, dont on était convenu. 'Il se trouva au rendez-vous "à jour nomé".
Emplacement dans le dictionnaire :
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)...: c'est pourquoi Doulce je la nomme. Ni le nom de Mélusine pourtant, ni le nom d'Argentine ou de la comtesse de Flassand ni celui plus fameux de la reine qui mourut d'aimer, ne valent pour la nommer le nom qu'elle tient de sa marraine nom qui m'êtes courtois échanson de loyal heur, en ma chanson, las, faudra-t-il toujours vous taire ! ô doux nom si gracieux, qui faites pleurer mes yeux quand ma...
Citation n°2 de Jean MORÉAS (Poèmes et Sylves : 1886-1896)
...adextre guide, mais l'aveugle courroux, comme un taureau stupide, souvent manque le but et s'élance à côté. ô ma muse, quittons ce fleuve et ces campagnes, et Pluton, et les soeurs que l'on n'ose nommer, et que cette ombre enfin rejoigne ses compagnes qui sont mortes d'aimer. Je vois la triste Phèdre, innocente et coupable, myrrhe qui consomma son désir exécrable, d'un funeste présage Aglaure...
Citation n°3 de Edmond ROSTAND (Cyrano de Bergerac)
...et naviguer, avec des madrigaux pour rames, et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ? Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercy faire éditer ses vers en payant ? Non, merci ! S'aller faire nommer pape par les conciles que dans des cabarets tiennent des imbéciles ? Non, merci ! Travailler à se construire un nom sur un sonnet, au lieu d'en faire d'autres ? Non, merci ! Ne découvrir du talent...
Citation n°4 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )
...français. J'ignore le nom de l'actuel tire-tête, mais je suis sûr que ce nom commence par céphalo. malgré ce retardataire la nomenclature médicale s'ornait de vocables décisifs. On avait décidé de nommer acrochordons les verrues, emprosthotonos les convulsions, lipothymie la pâmoison, alexipharmaques les contre-poisons, anacathartiques les expectorants, eccoprotiques les purgatifs, anaplérotiques...
Citation n°5 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )
...? Quel est son rôle si ce n'est celui de négateur de tous ceux qu'il a l'orgueil de remplacer ? Elle est singulière la légendaire pauvreté d'une langue où l'on pourrait dans l'écriture d'un paysage nommer trente fois une plante sans répéter deux fois le même nom ! Mais une langue est toujours pauvre pour les demi-savants. Que d'images pleines de grâce dans ces noms que le peuple donna aux fleurs !...
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